Le bourg 81130 Villeneuve sur Vère 05 63 56 82 00

Chapelle Notre Dame de la Gardelle

04/05/2021

En quittant Villeneuve sur Vère pour aller vers Cordes par la départementale D600 (ou en venant directement d’Albi) on passe à proximité du cimetière communal qui entoure la chapelle de N D de la Gardelle. Elle est seule au milieu de ce cimetière

Un nom lié à l’histoire

L’emplacement qu’occupe l’église est situé en bordure d’un plateau calcaire surélevé qui permet de voir la vallée de la Vère tant vers la partie amont en direction de Mailhoc que vers la partie aval vers Noailles. Un tel emplacement permet donc de surveiller la voie d’invasion qu’a été cette vallée au cours de l’histoire : invasions notamment des Goths et des Francs. L’insécurité permanente qui en résultait a vraisemblablement conduit à élever une tour de guet (ou de garde) sur cette barre rocheuse. L’exploitation agricole de ce secteur tant par les familles d’envahisseurs que par les romains conduisit à la construction d’habitations (la « villa » au sens romain du terme qui désigne une grande exploitation agricole). La christianisation du pays conduisit à la construction d’une église à proximité de cette tour de garde. C’est l’origine du terme actuel de Gardelle. On trouve dans les textes anciens les termes de ND de la Gravelle ou ND de la Garde et aussi Garda Vera.

Aperçu historique

A la fin de la « Croisade des Albigeois » vers 1212, Simon de Montfort remontant vers le Nord (Penne et le Quercy) remercia, c’est-à-dire abandonna, dans l’Albigeois une partie de ses mercenaires qui, livrés à eux-mêmes s’adonnèrent au pillage pour subsister. Ils ravagèrent de nombreux villages. La petite église de La Gardelle fut détruite tout comme les demeures avoisinantes.

Les survivants se réfugièrent sur un autre éperon du plateau calcaire, plus facile à défendre et près du fort du seigneur germanique Sicard Alaman. Cet éperon est situé sur la rive gauche de la Vère à l’actuel emplacement du village actuel de Villeneuve sur Vère. Dans les documents anciens en occitan on trouve les mentions de « Vila Nova la vielha » et de « Villa nova la noella ».

En 1480 l’église de La Gardelle fut reconstruite dans un style gothique méridional avec l’aide de l’Evêque d’Albi Mgr Louis d’Amboise.

A la révolution de 1789 l’église est vendue comme bien national et utilisée comme grange.

En 1830 la Mairie de Villeneuve rachète le bâtiment et le réouvre aux cultes avec l’accord de l’évêque d’Albi.

En 1947 le curé de la paroisse, le père Omer Pailhé, fait décorer la totalité des murs et voutes de cette église par le peintre fresquiste Nicolas Greschny d’inspiration byzantine.

L’œuvre peinte  

Nicolaï Greschny était né à Tallinn en Estonie. Il descendait d’une lignée de peintres d’icônes. En pleine seconde guerre mondiale il a un parcours mouvementé dans une Europe à feu et à sang. Il parvient dans le Tarn et s’installe dans un hameau en ruines, la Maurinié, au bord de la rivière éponyme. C’est à partir de cette époque qu’il débute son œuvre de fresquiste dans 150 églises réparties essentiellement dans ce qui est devenu l’Occitanie.

N D de la Gardelle est une des rares églises entièrement peinte par l’artiste. Il y a fait chanter les murs et les voûtes dans un art entièrement issu de la tradition byzantine. Ces fresques sont dans un état de conservation étonnamment beau.

Sans entrer dans le détail de cet œuvre si riche on peut citer les grands thèmes représentés :

Les « mystères du Rosaire » dans les chapelles latérales :

  • 1ère chapelle à droite le mystère joyeux : annonciation, visitation, nativité et présentation de Jésus au temple
  • 1ère chapelle à gauche le mystère douloureux : l’agonie, la flagelletion, le couronnement d’épines le port de la croix, la crucifixion
  • 2ième chapelle à gauche le mystère glorieux : la résurrection, l’Ascension, la Pentecôte, l’Assomption, le couronnement de Marie au ciel
  • L’Apocalypse ou Jugement dernier sur le grand mur latéral droit
  • La mort de St Joseph et son accueil au ciel (face à la porte d’entrée)
  • Sur les voutes : Dieu Père, le ciel ; le Christ Marie et St Jean Baptiste ; les quatre évangélistes

Autres curiosités

Une magnifique statue de la Vierge à l’enfant au-dessus de l’autel. Elle est de style baroque vraisemblablement du 18ième siècle. Bien qu’elle donne l’impression d’être en terre cuite elle s’est révélée, après expertise, être en réalité en pierre.

L’autel comprend un retable du 16ième siècle.

Une plaque de marbre grenat rapportée de Rome en 1653 atteste que l’église est dédiée à Marie